Image de présentation Namibie et Botswana

Carnet de voyage Namibie et Botswana

Récit du jour 4 du voyage Namibie Botswana

De Ghanzi à Moremi

hippopotame qui sort de l'eau Probablement le jour le plus mémorable !
Départ vers la réserve Morémi avec étape à Maun pour faire le plein d'essence et faire quelques courses car sur les guides touristiques nous avons lu qu'on ne trouverait rien de tout ça dans la réserve, d'où l'importance de peaufiner la préparation du voyage.
En route nous remarquons un bruit répétitif (clang, clang) à l'arrière droite du 4x4. On se dit qu'il faudra surveiller son évolution et que si ça se trouve, il disparaitra comme il est arrivé.

Après le déjeuner, nous reprenons la route et atteignons l'entrée de la réserve Morémi. Le camping est situé à proximité de l'autre entrée de la réserve, il faut donc la traverser. Le chemin est très sabloneux mais il est très agréable de conduire sur cette piste à travers une végétation assez dense qui ne parvient pourtant pas à cacher quelques troupeaux d'éléphants. Arrivés à l'autre entrée, le camping est désert mais à la vue des tarifs, nous comprenons... Nous décidons alors de sortir de la réserve pour s'installer à l'extérieur, à toute proximité. Il nous sera alors facile le lendemain d'y revenir pour explorer la faune de Morémi.

Une particularité de cette réserve est qu'elle n'est pas clôturée ce qui signifie qu'à l'extérieur les animaux sauvages sont aussi présents qu'à l'intérieur. C'est ainsi que nous croisons de nombreux singes et phacochères. Très vite nous atteignons un village bushmen où nous décidons de demander conseil pour trouver un lieu paisible pour la nuit.

Mais pas facile de communiquer car nous ne parlons pas le bushman ! Finalement on nous indique une personne qui parle un peu anglais et qui accepte très vite de nous montrer un lieu pour la nuit. Ils sont en fait deux et décident de monter sur le toit pour nous guider.

Nous sommes en pleine savane, les chemins sont très sablonneux et se divisent sans cesse. L'un des bushmen nous guide en criant à droite, à gauche. Nous essayons de bien nous repérer mais c'est très difficile car il n'y a justement pas de repères !
Au bout d'un kilomètre nous atteignons des lodges désafectés. Les deux bushmen nous indiquent qu'ils ne sont plus utilisés mais qu'on peut dormir aux alentours sans problèmes. On les questionne sur la présence des animaux, ils nous conseillent de faire un feu et de faire attention car tous les types d'animaux sont susceptibles de venir rôder par là ! Sur ce, ils nous demandent de les ramener à leur village. Christophe et Daniel nous demandent de les laisser ici avec leurs sacs et nous partons.

Le jour a déjà bien diminué, il est encore plus difficile de repérer notre chemin mais nous écoutons les directions données par les bushmen.
Une fois que nous les avons remerciés, nous repartons puis arrivons au premier embranchement. Il fait désormais nuit noire, le croissant de lune est minuscule et ne nous aide pas à augmenter la clarté. Nos repères de l'aller sont complètement faussés et nous ne savons déjà plus s'il faut prendre l'embranchement de droite ou celui de gauche. Nous décidons de prendre celui de droite puis 200 mètres plus loin atteignons un nouvel embranchement.
Nous ralentissons car nouvelle hésitation. Nous décidons de prendre celui de gauche mais nous avons tellement ralenti et le sable est si mou que le 4x4 est ensablé. Nous avons beau solliciter le moteur et tester toutes les vitesses en position 4x4, rien n'y fait. Nous sommes bloqués en pleine savane, en pleine nuit noire et il faut le dire nous sommes perdus !La seule option qui s'offre alors à nous est de sortir du 4x4 afin de désensabler le 4x4.

Mais voilà, dans la savane il y a toutes sortes d'animaux et la nuit appartient aux prédateurs... je me munis de ma lampe frontale et de la pelle tandis que Stéphanie prend le volant et met les pleins phares afin de détecter tout mouvement suspect.
Je commence alors à creuser frénétiquement sous le 4x4 tout en scrutant régulièrement autour de moi. Au bout de quelques minutes j'annonce à Stef qu'elle peut tenter d'accélérer, le 4x4 bouge lentement puis finalement s'extrait du sable mou. Je cours derrière en hurlant à Stef de ne pas s'arrêter tant que le sol est mou. 150 mètres plus loin, le chemin redevient plus dur, Stef arrête le 4x4.
Nous faisons alors le point. Nous sommes perdus dans la savane, il fait noir, nos deux copains sont seuls dans la savane sans aucun abri et nous n'avons aucun moyen de les joindre (pas de réseau pour les téléphones portables). On sait aussi qu'on ne doit pas trop ralentir sous peine de s'ensabler à nouveau.
On décide de faire demi tour et de revenir à notre point de départ.
En chemin, alors qu'on roulait à allure soutenue, un hippopotame se met en travers de la route et s'arrête, nous forçant à piler et à nous arrêter. Il nous observe un moment puis poursuit sa route comme si de rien n'était.Par chance, cette fois le 4x4 repart.

Revenus à notre point de départ nous avançons jusqu'au premier embranchement puis prenons cette fois le chemin de gauche. Très vite nous retrouvons quelques repères, notamment cet accacia dont les épines rayèrent les portières sur le chemin aller. Nous reprenons confiance puis au bout de quelques minutes nous apercevons un feu. C'est celui que Christophe et Daniel ont allumé.C'est bon on les a retrouvés.
Sans jamais le dire, sans paniquer, on s'est quand même fait une belle frayeur. Daniel et Christophe de leur côté étaient "espionnés" par des tas d'yeux qui s'illuminaient lorsqu'ils promenaient les faisceaux de leurs lampes dans les buissons alentours... ils n'étaient pas très rassurés et se demandaient ce qui avait bien pu nous arriver car nous avons finalement mis 1h30 pour faire l'aller/retour !

Mais les péripéties n'étaient pas finies pour la journée. En effet, après le repas, nous déplions les tentes et allons nous coucher mais à peine avions nous fermé les yeux que de drôles de bruits se faisaient entendre autour de nous. Aussi discrètement que possible (pas facile avec le fermeture éclair des tentes), je passe ma tête au dehors et grâce à la lueur du feu j'aperçois pas moins d'une dizaine d'éléphants arrachant des branches entières de plusieurs arbres autour de nous, à moins de 20 mètres !!! On pouvait les entendre mâcher ! Nous n'étions pas rassurés, on craignait qu'ils décident de venir voir ce qui se cachait sous les tentes... inutile de dire qu'on s'est fait tout petit et qu'il a été très dur de fermer l'oeil car il y eut bien d'autres bruits inquiétants autour de nous cette nuit là.

Quelle aventure ! Quelle expérience unique !

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