Chili : Patagonie chilienne
Par Irène St Pierre.La Patagonie, ce n’est pas un pays, c’est cette terre du bout du monde.
Voilà, c’est fait, nous sommes allés “au bout du monde”, “el fin del mundo” comme disent les Chiliens.
Je vous vois venir avec vos questions: “le bout de quoi, de quel monde?”
Punta Arenas est la ville la plus australe du monde de plus de 100 000 habitants. Puerto Williams, le village le plus austral du monde. La ville et le village se réclament être “au bout du monde.”
C’est à Punta Arenas que la Patagonie chilienne vient mourir dans le détroit de Magellan. Nous sommes donc arrivés dans cette ville du bout du monde le 16 décembre 2009 vers les 4 heures du matin après environ 4 heures de vol sur Lan Chile.

Punta Arenas et détroit de Magellan
Ile Magdalena - Notre première excursion sera l’Ile Magdalena qui se trouve dans le Détroit de Magellan côté chilien. Il y a là toute une colonie de manchots, plus de 100,000... Cette île est désignée réserve naturelle nationale et nous avions le goût de la découvrir. Nous voilà donc sur un bateau navigant au milieu du détroit. Le voyage vers l’île est un véritable spectacle. Jean n’en finit pas de dire que c’est beau! Après deux bonnes heures à observer les belles vues panoramiques de Punta Arenas, de la mythique Terre de Feu et des campagnes verdoyantes, nous apercevons enfin un rocher recouvert d’une steppe rase où fourmillent des silhouettes qui se dandinent.

Ile Magdalena
Nous entendons des cris et des battements d’ailes. Cette cacophonie nous étonne et nous saisit, elle nous donne envie de poser au plus vite les pieds sur l’île, ce que nous ne tarderons pas à faire. Des milliers et des milliers de manchots semblent ne pas se soucier de notre visite. Nous ferons une belle randonnée dans des sentiers réservés qui partent de la côte et vont vers le sommet de l’île où il y a un phare et un centre d’interprétation sur l’histoire du détroit et de la faune de la région. C’est dans une sorte de recueillement que nous assisterons à ce spectacle naturel offert par la nature elle-même. Nous sommes au coeur de la vie des petits manchots. On s’impose un silence, on se questionne, on passe si près des “petits pingouins” que l’un d’entre eux mord ma chaussure. Ils sont partout, nichés dans des grottes qu’ils ont eux-mêmes construites, ils semblent en vacances: baignades, bains de soleil, pêche, ébats amoureux...

Manchots de Magellan
Nous entendrons encore leurs cris, leurs battements d’ailes une fois de retour sur le bateau... Bercés par les vagues, dégustant un bon vin, le voyage de retour nous aura paru très court... Avions nous le droit d’apporter notre vin, de le boire? Nous n’en savons rien, ce que nous savons, c’est que certains passagers semblaient nous envier...De retour sur la terre ferme, nous mangeons au souper la “centolla”, le fameux crabe de la Patagonie. Délicieux, mais nous préférons le crabe des neiges que l’on fait cuire soi-même et qu’on déguste encore chaud. Au Chili, on ne sert pas le crabe chaud. Il arrive dans les cuisines des restos déjà cuit et décortiqué. Il est cependant frais du jour et son goût est très fin. Nous planifions notre prochaine excursion en dégustant un bon sauvignon blanc.
Plus de 3 heures de bus pour arriver à Puerto Natales, petite ville touristique pleine de charme située au coeur de la région du dernier espoir; “Ultima Esperanza.” Comment découvrir ce parc immense et fuir en même temps les hordes de touristes? Jean examine la possibilité de louer une auto, nous en avons pour une bonne journée car le parc est grand. Sous les bons conseils de chiliens, nous arrivons à louer une petite Toyota Yaris qui fera notre bonheur tout au long de ce périple.
Des champs sur des centaines de kilomètres où courent et broutent librement des milliers de moutons, nandous (autruches américaines), vaches et chevaux. Des forêts, des lacs bleus, verts et turquoises où les canards, flamands, cygnes à col noir, hérons, oies sauvages nous offrent les plus beaux ballets Patagoniens. Nous restons souvent bouche bée car la Patagonie Chilienne est dénudée dans une immensité désertique comme la pampa argentine et en même temps, elle est échancrée par des fjords abrupts, hérissée de sommets montagneux escarpés. Ses champs de glace fascinent et font accourir les touristes.
Nous nous sommes approchés du glacier Grey, qui fait partie du Campo de Hielo (3e réserve mondiale de glace), sans pourvoir le voir réellement car le vent, la pluie et une épaisse brume nous faisaient barrière. Nous avons quand même marché le long du lac Grey où quelques immenses blocs de glace bleue se sont offerts à notre vue. Jean a bien regretté ne pas avoir apporté sa tuque et ses gants, brrr....

Guanaco et lac Grey
Le parc Torres del Paine, c’est 242,000 hectares de beautés. Une flore et une faune magnifiques rendent chaque kilomètre parcouru inoubliable. Les guanacos curieux et calmes se sont laissés photographier, il y en avait des centaines. Se cachent dans les forêts Patagonienne; des chats sauvages, des pumas, des renards gris et des condors. À part les condors qu’on repérait assez facilement, les autres animaux sauvages se sont faits très discrets. Un lièvre sautait ici et là, rien de plus. Géographie cruelle car peu de routes sont accessibles du côté chilien. L’Argentine offre plus de possibilités, sa portion étant plus large et plus propre au peuplement humain.

Massif Torres del Paine
Bercés par des paysages d’une grande beauté et d’une nature quasi intacte, la route du retour fut très agréable. Nous avions le sentiment profond d’être dans l’un des plus beaux et des plus purs endroits au monde.
Le trajet fut fascinant, nous y avons découvert des paysages infinis de plateaux battus par les vents, des terres rocailleuses avec des moutons, des vaches et quelques autruches sauvages. C’est dans une monotonie presque désertique que nous avons aperçu quelques gauchos, ces hommes fiers et très courageux vivant isolés dans une nature très souvent hostile et passant la plupart de leur temps à surveiller leurs troupeaux de vaches et de moutons.
L’hôtel Shehuen avec sa vue sur le magnifique lac Argentino, sa grande piscine a tout pour nous séduire. Quelques longueurs en arrivant nous feront oublier le long trajet en bus.

Lac argentino
Le front du glacier fait environ 5000 mètres et comprend 2 faces (nord et sud). Il fait environ 50 à 60 mètres de haut, la partie submergée quant à elle descend à 100 mètres. Sa superficie totale est de 250 kilomètres carrés.

Glacier Perito Moreno

Perito Moreno
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